Résonances
Itinéraire musical
pour le temple de Saint-Hippolyte-du-Fort
Par sa taille, le temple de Saint-Hippolyte-du-Fort possède une acoustique singulière, à la fois précise et très réverbérante. Invité à le visiter muni d’un instrument, le saxophoniste et clarinettiste Robin Fincker a été interpellé, dès les premieres notes jouées, par la richesse sonore pouvant se déployer dans ses murs.
Dans le cadre de sa résidence « Épisode Cévenol des Future Folk Stories » mettant en lumière les contours d’un folklore du futur et à l’invitation de l’association Les Amis de l’Orgue, il a donc convié trois musiciens et musiciennes incontournables du Piémont Cévenol à se joindre à lui pour imaginer un parcours sonore dans le temple le temps d’une soirée.
Proposant aux spectateurs différents points d’écoutes et multipliant les sources sonores, le concert se déclinera en quatre solos contrastés suivis d’une grande pièce collective mêlant musique électronique, chanson folks revisitées et improvisations débridées.
Une occasion unique d’entendre le temple résonner d’une musique de l’instant, à saisir au vol…
jeudi 1 octobre @ 19h00 – 20h30
Jeudi 1er octobre, 19h00 (Ouverture des portes à 18h30, placement libre)
Le placement est libre. Nous vous conseillons d’arriver tôt pour scanner votre billet sereinement et éviter l’attente à l’entrée. À noter que les places situées dans la travée centrale face à l’autel ont une acoustique plus claire. Les portes ouvrent trente minutes avant l’heure du concert pour vous accueillir dans les meilleures conditions.
ROBIN FINCKER
saxophone, clarinette, composition
« Robin Fincker est si visiblement habité par sa musique qu’elle nous empoigne physiquement. On a l’impression que c’est sa propre voix que l’on entend et non le son de son instrument. »
Jean-François Picaut, Citizen Jazz
Le saxophoniste et clarinettiste français Robin Fincker (7-7-1980) a été décrit comme un « ultra-virtuose dont chaque vague suivante instille l’impression de création » (Libération) et a développé un son instantanément reconnaissable par sa liberté stylistique où se mélange musiques-improvisées, jazz, musiques folks traditionnelles, rock et musique électronique.
Ayant vécu à Londres entre 1997 et 2009, ses collaborations musicales montrent un appétit insatiable pour la construction de ponts sonores et de rencontres musicales. Il a joué avec un large éventail de groupes clés et de personnalités musicales de son temps, dont Vincent Courtois, Benoît Delbecq, Hilmar Jensson, Daniel Erdmann, Julien Desprez, John Parish, Pierre-Alexandre Tremblay, Aquaserge, Bill Frisell, Pascal Niggenkemper, John Greaves, Evan Parker, Kit Downes, Paul Rogers, Surnatural Orchestra et l’Orchestre National de Jazz parmi bien d’autres.
Intéressé par la transformation des langages musicaux fixes par le biais de l’improvisation, Robin a mené plusieurs projets basés sur le remaniement contemporain de la musique traditionnelle tels que la rencontre sabar ouest-africaine Outhouse-Ruhabi, le trio Whahay avec Paul Rogers dédié au répertoire de Charles Mingus et plus récemment le quartet de free-folk Bedmakers et le projet d’installation électro-acoustique basée sur des collectages de voix Future Folk Stories.
Ses autres travaux incluent le trio Deep Ford avec Benoît Delbecq et Sylvain Darrifourcq dont la sortie You May Cross Here (BMC) l’a amené à être appelé « l’une des grandes consécrations de 2020 » par Jazz Magazine, Bize en duo avec la flûtiste Sylvaine Hélary ainsi que son duo avec l’accordéoniste Janick Martin Vison Visu et le trio Shadowlands avec Kit Downes et la chanteuse irlandaise Lauren Kinsella.
Depuis 2012, il est un proche collaborateur du violoncelliste Vincent Courtois dans de nombreux ensembles dont le trio historique Courtois/Erdmann/Fincker. Il a été l’un des fondateurs du Loop Collective à Londres considéré en son temps comme une force majeure sur la nouvelle scène jazz britannique et est aujourd’hui membre actif du Collectif Freddy Morezon basé en Occitanie.
Robin a étudié à la Guildhall School of Music (Londres) et au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris (CNSMDP) et a obtenu plusieurs bourses et commandes pour son œuvre par le Ministère de la Culture, le CNM, la SACEM et Diaphonique. Sa discographie compte plus de 30 enregistrements dont 11 en tant que leader/co-leader et sa musique a été enregistrée plusieurs fois pour des programmes radio sur la BBC, Radio France ou la WDR.
Robin entretient des liens étroits avec le village de Monoblet (Gard). Il y anime régulièrement l’Atelier d’Orchestre au Studio des Montèzes à Monoblet, un rendez-vous mensuel ouvert aux instrumentistes de tous horizons qui explore le jazz, les musiques improvisées et le Soundpainting.
Il collabore fréquemment avec le tissu associatif et culturel local, notamment avec l’association monoblétoise Monomaniax et des compagnies comme la Compagnie 1 Watt, à l’occasion d’événements comme le festival Plein Air ou les Escapades sonores.
Lucile Marsac
Violon, quinton, chant, podorythmie
Lucile Marsac est une musicienne et violoniste étroitement liée au village de Saint-Félix-de-Pallières, où elle est installée et investie dans la vie culturelle locale.
Elle évolue dans l’univers des musiques populaires de tradition orale depuis 20 ans. Son jeu s’imprègne de nombreuses rencontres dont celles avec Jean-François Vrod, Basile Brémaud, Jean-Marc Delaunay, Christian Pacher ou encore La Cola’ophane, bande de violons des Cévennes.
Puisant dans les répertoires du Poitou, où elle a grandi, et d’Occitanie, où elle vit, elle joue avec plusieurs groupes de bal (Briu, Krinkrin, Únes, 3 pas d’ici, Mirgaille). Avec son concert solo (-ENTRE-), elle explore des chemins où s’entremêlent musiques traditionnelles, expérimentales et improvisées.
Bertrand Wolff
Électronique
Né en 1982 à Annecy, Bertrand Wolff est un artiste sonore et un compositeur qui vit à Monoblet. À la croisée des pratiques artistiques et musicales, son parcours témoigne d’une recherche constante sur les interactions entre le son, l’image et les environnements. Bertrand Wolff se forme à la musique en étudiant la clarinette et la batterie. C’est cependant sa découverte des travaux de Pierre Schaeffer, pionnier de la musique concrète, qui marque un tournant décisif dans son approche musicale. Inspiré par les explorations sonores, Bertrand Wolff s’intéresse aux nouvelles formes de composition musicale mêlant techniques instrumentales traditionnelles et outils électroniques. Après avoir étudié aux Beaux-Arts de Quimper puis de Lyon, il approfondit ses connaissances en composition au Conservatoire National à Rayonnement Régional (CNRR) de Marseille. Ces expériences nourrissent une pratique hybride où se mêlent arts visuels, musique et technologies numériques. Compositeur et artiste sonore, il multiplie les collaborations avec des artistes issus de divers horizons : musiciens, plasticiens, écrivains, et cinéastes. Ses créations s’inscrivent dans un dialogue permanent entre le son et son environnement. Bertrand Wolff se situe à la confluence de plusieurs traditions musicales, notamment la musique acousmatique, l’electronica (Postcoïtum Animal Triste avec Damien Ravnich) et la musique contemporaine.
Ses compositions se caractérisent par une approche immersive, souvent destinée à envelopper l’auditeur dans une position d’écoute particulière. Il conçoit le son non seulement comme un matériau musical, mais aussi comme un vecteur d’émancipation et de réflexions.
Jean-Marc Butty
Percussions
La musique traditionnelle et le folklore occupent une place majeure dans le travail de Jean-Marc Butty, sa technique et son approche du rythme.
Plutôt que de se cantonner à une batterie standard, il intègre régulièrement des instruments issus du folklore et des traditions populaires du monde :
- Le bendir : Il utilise ce tambour sur cadre traditionnel d’Afrique du Nord (muni de timbres en boyau qui vibrent) pour apporter des sonorités organiques, terreuses et hypnotiques.
- La scie musicale : Un instrument populaire d’Europe et d’Amérique du Nord qu’il a appris en autodidacte à l’âge adulte et dont il joue sur plusieurs enregistrements pour créer des nappes aériennes et mystérieuses.
Collaboration avec PJ Harvey
sur le renouveau folk-historique
C’est à travers les albums de PJ Harvey que son lien avec l’esprit de la musique traditionnelle est le plus fort :
- Let England Shake (2011) : Cet album acclamé puise directement ses racines dans le folk rock anglais. Pour l’enregistrement et la tournée, Jean-Marc Butty, John Parish et Mick Harvey ont développé un jeu très épuré, acoustique et martial, inspiré des anciennes ballades folkloriques et des chants militaires traditionnels.
- I Inside the Old Year Dying (2023) : Sur cet album et sa tournée mondiale, le groupe explore un univers hanté, profondément ancré dans le folklore du Dorset (comté du sud de l’Angleterre). Le jeu de Butty y accompagne des morceaux chantés en dialecte ancien et construits comme des contes traditionnels de villages imaginaires.
Installé dans les Cévennes à Lasalle, Jean-Marc Butty met en avant l’aspect originel, physique et communautaire de la percussion. Il y anime des ateliers rythmiques axés sur l’apprentissage par le corps et l’écoute à l’aide de petites percussions traditionnelles (maracas, claves, tambourins), rejoignant ainsi la philosophie de la transmission orale propre aux musiques traditionnelles.
Réservation
Par respect pour le public et les musiciens, les retardataires ne seront parfois pas acceptés. Nous vous engageons donc à être ponctuels.
