Hildegarde de Bingen
Le Chant des Visions
Texte et chant d’Hildegarde de Bingen
par Élodie Mourot
« L’âme est musique par essence », écrit Hildegarde de Bingen, abbesse, « médecienne », guérisseuse, prophétesse et visionnaire qui fut une des femmes les plus dynamiques et influentes du XIIème siècle. Elle a côtoyé et eu des échanges épistolaires avec les personnes les plus haut placées à l’époque comme l’Empereur Barberousse, Éléonore d’Aquitaine, le Pape Eugène III et Bernard de Clairvaux.
Hildegarde de Bingen, une conscience éclairée
Elle se disait torturée de visions et de révélations dès son enfance. À l’âge de quarante trois ans, elle reçut l’ordre suivant : « Écris ce que tu vois et entends ». Le Pape reconnaît alors officiellement son don de visionnaire ; elle prêche beaucoup, intervient dans les affaires religieuses et politiques en conseillant les plus grands.
Hildegarde de Bingen n’a pas étudié, elle n’a reçu aucun enseignement théologique spécialisé. La vision est une certitude empirique, immédiate, sensible.
À la source d’une intense activité littéraire, elle a publié des textes poétiques, la somme de ses visions détaillées et commentées ainsi que des encyclopédies de connaissances en sciences naturelles et en médecine, les seuls traités de médecine composés en occident au XIIème siècle.
Une musique d’une incontestable originalité
Son activité littéraire intense se double d’une création musicale hors norme ; elle entendait la musique comme elle recevait ses autres visions, en pleine conscience, dans un parfait éveil de son corps : « Ma vision, ce sont les yeux intérieurs de mon esprit, et les oreilles intérieures qui l’ont transmise ».
Sa pensée est traversée de thèmes importants : la transmission des énergies divines et cosmiques par l’âme et le cerveau, ainsi « l’âme dans le corps est comme la sève dans l’arbre », la « viridité » : mot inventé par Hildegarde pour désigner la « verdoyante vigueur » selon laquelle la vie est une métamorphose et une création permanente.
Tout ce qu’elle a écrit est d’une incontestable originalité et la musique reçue en vision ne fait pas exception. La musique de Hildegarde de Bingen se distingue du chant grégorien par une grande liberté vocale et modale portée par des mélismes audacieux.
Élodie Mourot propose une expérience sensorielle où le public peut s’immerger progressivement dans le son, les visions et les mots de la « médecienne » ; au gré de textes et de pièces musicales de Hildegarde de Bingen, les visions auditives et visuelles entrent en résonance avec des intuitions fulgurantes de la prophétesse rhénane.
Au gré de textes et de pièces musicales de Hildegarde de Bingen, des visions auditives et visuelles entrent en résonance avec des intuitions fulgurantes de la prophétesse rhénane. Élodie Mourot propose une expérience sensorielle où le public a le temps de s’immerger dans le son, les visions et les mots de la bénédictine.
samedi 19 septembre @ 19h00 – 20h30
Samedi 19 septembre, 19h00 (Ouverture des portes à 18h30, placement libre)
Par égard au musicien et aux spectateurs déjà présents, les retardataires peuvent ne pas être acceptés en salle.
Élodie Mourot
Élodie Mourot s’est formée en chant lyrique auprès de Barbara Schlick et Yves Sotin. Elle s’initie au travail de scène avec l’assistant du mime Marceau, Guerassim Dichlev, et travaille actuellement le clown avec Fred Robbe et Alexandre Pavlata. De 2011 à 2014, la formation de master professionnel d’interprétation de la musique médiévale, auprès de Katarina Livljanic et Benjamin Bagby à la Sorbonne et de Raphaël Picazos au CNSMD de Paris, lui permet de découvrir ce vaste répertoire musical et d’apprendre la lecture sur facsimilés ainsi que l’improvisation historique médiévale. Initiée à l’improvisation libre par Markus Stockhausen, Élodie continue à l’explorer avec Jean-Yves Pénafiel. Elle participe à des enregistrements et productions avec des ensembles de musique ancienne et d’improvisation ainsi que des compagnies de théâtre. Élodie a participé à la production de FAUVEL, spectacle mis en scène par Peter Sellars, créé au théâtre du Châtelet en mars 2022 avec l’ensemble Sequentia. Elle dirige depuis plusieurs années l’ensemble de musique médiévale de la Sorbonne.
Élodie en 2012 lors de l’enregistrement Hildegard von Bingen – Celestial Hierarchy avec l’ensemble Sequentia dirigé par Benjamin Bagby (en haut à gauche).
O gloriosissimi lux (Ô vivante lumière), antiphon extrait du Scivias d’Hildegarde de Bingen.
Réservation
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